Résumé du scandale à Développement et Paix

(Rough translation to English with Google)

Depuis le début d’avril, vous avez sans doute entendu divers catholiques du Québec se dire outragés que Développement et Paix (D&P) soit critiquée publiquement par des groupes catholiques pro-vie.  Le camp des “outragés” a multiplié les attaques sans fondement, alléguant que les groupes pro-vie en question sont des intégristes sans cœur qui n’ont pas le souci des pauvres et qui ne valorisent pas la justice sociale.  En plus d’être ridiculement fausses, ces accusations passent complètement à côté du sujet.  Le vrai débat n’a rien à voir avec l’aide aux démunis.  En fait, lorsqu’ils encourageaient les gens à boycotter D&P, les groupes pro-vie ont simultanément proposé d’autres organismes de charité qui aident les démunis sans s’engager dans des pratiques immorales.  Là n’est pas le débat.  Laissons donc de côté les digressions démagogiques et regardons brièvement les faits et la chronologie du scandale.

Résumé du scandale à Développement et Paix

Il faut d’abord comprendre que D&P n’effectue pas d’interventions directes dans les pays en développement.  Plutôt, D&P transfère des fonds à des organismes sans but lucratif œuvrant dans ces pays.  Ces « partenaires » effectuent alors les interventions auprès des populations visées.

En mars 2009, l’organisation LifeSiteNews, qui a développé une réputation internationale comme source  crédible de nouvelles touchant le caractère sacré de la vie et de la famille, a rapporté (preuves à l’appui) que D&P finançait cinq organisations mexicaines qui font pression sur le gouvernement du Mexique pour assouplir les lois concernant l’avortement.  L’appui financier de D&P à ces organisations était estimé à environ $850 000 sur cinq ans, fonds qui proviennent principalement des quêtes dans nos églises.  Avant de publier leur article, LifeSiteNews a communiqué avec D&P en privé afin de discuter de la question.  D&P a alors admis ne pas avoir de politique pour choisir des partenaires qui évitent des comportements grossièrement immoraux, tel que la promotion de l’avortement.

Suite à la publication des trouvailles de LifeSiteNews, D&P et la Conférence des évêques catholiques du Canada (CÉCC) n’ont pas épargné les efforts de relations publiques pour nier l’existence d’un problème, mais sans jamais être capable de contredire les preuves mises de l’avant par LifeSiteNews.  Au printemps 2009, la CÉCC a mis sur pied un comité d’évêques pour investiguer les cinq groupes mexicains.  En l’absence d’évaluateurs externes impartiaux, l’indépendance de l’enquête était compromise avant même son amorce.  Tel que prévu, le rapport d’enquête, publié en juin 2009, a lavé D&P et ses partenaires de toute culpabilité, mais sans jamais offrir de riposte aux preuves présentées contre D&P.  Imaginez un procès où l’accusé ne présente aucune preuve pour contrer le demandeur, mais se contente de dire « je ne suis pas coupable ».  Ça manque de sérieux.  Cette approche « tête dans le sable » n’est pas sans rappeler la manière dont les évêques à travers le monde ont caché les problèmes d’abus sexuels des enfants par des prêtres.

Au moment de la publication de ce rapport javellisé, D&P et la CÉCC avaient déjà perdu toute crédibilité dans le scandale.  D’autres recherches par des catholiques préoccupés avaient permis d’exposer 35 partenaires additionnels de D&P agissant à l’encontre de l’enseignement de l’Église catholique, portant le total connu à ce moment-là à 40.  Il s’agit d’organismes qui font la promotion agressive de l’avortement, du mariage homosexuel, de la contraception et même de la prostitution dans leur pays.

On ne parle pas ici de peccadilles.  L’avortement consiste à tuer le plus vulnérable des êtres humains, soit le bébé encore à naître.  Le droit à la vie est le plus essentiel de tous les droits, puisque tous les autres droits ne s’appliquent qu’aux vivants.  La vie de millions d’enfants à naître est en péril si l’avortement est légalisé dans les pays en voie de développement.  Est-ce que la « justice sociale » n’inclut pas ces petits?  On ne peut faire de la vraie justice sociale lorsqu’on permet aux plus vulnérables d’entre tous d’être tués.  De même, la définition du mariage comme l’union d’une femme et d’un homme est le fondement de la famille et de la civilisation.  On parle donc de valeurs primordiales qui vont au cœur de la dignité de la personne, telle qu’enseignée par Jésus.

Déjà à l’été 2009, des leaders catholiques à travers le Canada, les États-Unis et le Mexique avaient vu les preuves irréfutables de leurs propres yeux et avaient publiquement dénoncé D&P.  Ils réclamaient la fin du financement à ces partenaires afin que les fonds de D&P puissent être concentrés sur des programmes de développement respectant le caractère sacré de la vie.

La condamnation la plus sévère de D&P est venue des évêques eux-mêmes.  Quelques évêques canadiens ont décidé de bloquer les dons de leurs diocèses destinés à D&P, les allouant plutôt à d’autres œuvres de charité dignes de confiance.  Par ailleurs, les évêques du Pérou ont envoyé une lettre au Président de la CÉCC identifiant trois partenaires de D&P œuvrant dans leur pays et qui poussaient le gouvernement péruvien à légaliser l’avortement.  Exaspérés, les évêques péruviens ont formulé cette supplication :

« Dans ce sens, nous aimerions respectueusement soumettre une requête formelle pour que le financement de groupes pro-avortement au Pérou par l’Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix soit arrêté.  Il est très troublant que des groupes qui travaillent contre les évêques du Pérou en tentant de miner la protection légale du droit à la vie des enfants à naître soient financés par nos frères évêques du Canada. » (Source)

Au cours des deux années qui ont suivi, preuves contre les partenaires de D&P ont continué de s’accumuler.  Au moment de la rédaction de cet article, 50 partenaires faisant  la promotion de l’avortement, du mariage homosexuel, de la contraception et de la prostitution ont été identifiés et documentés.  En aucun moment pendant ce scandale D&P ou la CÉCC n’a réfuté la montagne de preuves accumulées contre ces partenaires.

Pendant ce temps, la CÉCC et D&P ont persisté dans leur stratégie de relations publiques consistant à nier le problème.  Cependant, au fil des mois, le ton de la CÉCC s’est endurci face aux partenaires de D&P.  À l’automne 2010, les évêques ont  introduit des réformes mineures pour « renouveler » D&P.  Ils ont promis de nouveaux protocoles pour s’assurer que les futurs partenaires de D&P agissent en conformité avec la morale chrétienne.  Ils ont même concédé timidement que certains partenaires de D&P posaient problème.

Les événements se précipitent en avril 2011

D&P avait invité le dirigeant d’un de ses partenaires mexicains (appelé le Centre PRODH) à donner quelques allocutions dans l’est de l’Ontario au début d’avril 2011.  Cependant, après avoir fait enquête sur les activités du Centre PRODH, les évêques d’Ottawa et de Cornwall-Alexandria ont annulé la visite en affirmant que l’organisme soutenait des groupes pro-avortement au Mexique.  Pourtant, le Centre PRODH avait été exonéré dans le rapport javellisé de juin 2009 de la CÉCC.  L’action des évêques d’Ottawa et de Cornwall-Alexandria constituait donc un vote de non-confiance en la crédibilité du rapport.  Dans les semaines qui ont suivi, les évêques du Mexique ont également exprimé leurs préoccupations face au Centre PRODH.

Le rapport du CÉCC est pas mal amoché

Par ailleurs, dans un communiqué daté du 4 mai, la CÉCC a mis de côté les conclusions de son propre rapport et a critiqué les comportements du Centre PRODH.  La CÉCC a également erroné d’affirmer que le Centre PRODH avait été lavé de tout soupçon dans son rapport.  Quelle volte-face de la part des évêques canadiens!  Ils semblent avoir enfin décidé reconnaître la vérité incontestable au sujet de ce partenaire.  À vrai dire, ils n’avaient pas le choix.  Les preuves étaient indéniables.  Le chat était sorti du sac. Il est clair que le rapport javellisé n’était que de la poudre aux yeux.

Toutefois, bien que la CÉCC ait publiquement dénoncé le Centre PRODH, elle demeure hésitante à reconnaître les problèmes chez les 49 autres partenaires de D&P s’engageant dans des activités immorales.  Pas surprenant qu’un nombre grandissant de catholiques continue d’exiger la fin des subventions aux partenaires qui ne respectent pas le caractère sacré de la vie et de la famille.

Cela n’a pas empêché certains catholiques du Québec de se dire « outragés » que l’on veuille réformer D&P afin qu’il respecte la moralité chrétienne.  Nous discuterons de ce débat dans un autre article.  Pour l’instant, nous nous contentons de souligner que ce n’est pas un débat qui oppose le Québec au reste du Canada, comme certains des « outragés » le prétendent.  Moi-même je suis Québécois.  Je suis né à Montréal et j’ai vécu 24 ans au Québec avant de déménager en Ontario.  Toute ma famille demeure encore au Québec et je la visite régulièrement.  Pareillement, le groupe Campagne Québec-Vie et d’autres Québécois sont très actifs pour s’assurer que D&P soit réformée et respecte la moralité chrétienne.  Les groupes pro-vie incluent des Gagnon, Lévesque, Germain, Lauzon, Fortin, Décarie et beaucoup d’autres francophones. Le débat n’est donc pas Québec vs. Canada.  C’est plutôt un débat sur l’essence même de la vie chrétienne.

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